LES CAMPS D’EXCLUSIONS EN BELGIQUE

Nous étions une centaine  à la gare de Nossegem pour marcher jusqu’au
centre fermé 127bis.

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Dès le départ la police a exigé d’enlever les morceaux de bambou qui
soutenaient nos calicots, considérant ceux-ci comme des armes prohibées.
Deux cents mètres plus loin fouilles des sacs (très sommaires).
Arrivés au centre fermé, les femmes détenues criaient leur désespoir aux
fenêtres. Nous avons ainsi appris qu’ils étaient  plus au moins 80, que
deux femmes étaient au cachot. Il y a parmi les prisonniers deux femmes
enceintes dont une ne mange plus depuis plusieurs jours.
Une délégation de trois personnes est rentrée dans le centre pour
distribuer les cadeaux et des  cartes de téléphone avec deux numéros
d’urgence. Ils ont rencontré un iranien, un irakien, des afghans, des
soudanais, des africains, des marocains, des réfugiés de l’Europe de
l’Est, des kosovars……
Les détenus étaient heureux de notre visite et très pressés d’avoir les
cartes de téléphone et nos numéros. Ils ont remercié pour les cadeaux que
nous leur avions apportés, mais nous disaient que c’est le respect dont
ils ont besoin, ce qui leur manque totalement dans le centre.
La délégation leur a expliqué qu’ils pouvaient s’adresser aux visiteurs
ONG qui viennent dans le centre : ils n’étaient pas au courant de ces
visites, ni du document qu’ils doivent recevoir à leur arrivée dans le
centre, expliquant leur droit et leur possibilité de demander un avocat.
Encore une fois nous devons constater que ces centres sont des camps
d’exclusion.
Pire encore cette année :   Nous avons clairement l’impression que les
détenus étaient sous pression et qu’ils n’avaient pas intérêt à dire ce
qui se passe dans le centre. A noter que très peu d’hommes étaient aux
fenêtres. Ont-ils été isolés pour l’occasion ???
Et n’y avait-il vraiment pas d’enfants dans le centre ?: Nous avons des
doutes sérieux. Quand nous avons demandé s’il y avait des enfants dans le
centre, nous avons eu droit à un  long silence de mort, contrastant avec
les cris précédents, puis la voix d’un homme disant NON (seul homme que
nous avons entendu, un gardien sans doute).
ET pire encore : Très avide de nous téléphoner, nous n’avons depuis reçu
AUCUN appel du centre !!!!!!!!!

C’est un scandale : des personnes sont enfermées, malmenées, réprimées,
censurées, subissant des pressions inimaginables, des chantages pour que
personne ne sache.
Mais que font nos politiques, que font les visiteurs ASS/ONG ( le groupe
transit) qui y vont plusieurs fois par semaines ? Comment peuvent-ils
rester témoins d’atrocités et de bafouements des droits élémentaires
humains sans broncher, sans alerter  ?

Resf - Crer   
Plateforme 10/20/60

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