Philippe Courard ancien ministre de l’intérieur Wallon et nouveau ministre en charge de la politique d’intégration et l’asile a dû, surement, y réfléchir à deux fois avant d’accepter de prendre en main ce ministère en crise depuis à peu près deux ans.

Tout a démarré après une déclaration du premier ministre Guy Verhofstadt (Vld) en 2000 pendant la première campagne de régularisation, ce qui allait donner des droits civiques à plus de 45 mille personnes victimes d’une procédure d’asile interminable aux critères obscurs et inhumains. Des situations tragiques qui avaient poussé des milliers de personnes à occuper des églises et entreprendre des grèves de la faim.

Lors de cette déclaration Guy va proposer la réforme de la procédure d’asile pour éviter que la Belgique ne se retrouve encore dans une telle situation. Il faudra attendre 6 ans pour que Patrick Dewael (Vld) ministre de l’intérieur, devant une situation similaire à celle de son camarade Guy : 41 lieux d’occupation et plus de 15 mille personnes lors de la manifestation du 17 juin 2006, ne demande la réforme de la procédure au parlement. Cette décision sera votée par l’ensemble des partis de la majorité Francophone et Néerlandophone sans apporter de solution immédiate aux revendications urgentes de l’époque.

La réforme qui prévoit, entre autres, le traitement rapide des demandes d’asile afin d’éviter aux personnes de s’installer et de créer des attaches avec la société belge, va également retirer aux refugiés la capacité de travailler les laissant donc entièrement dépendants des centres Fedasil. La réforme prévoit également la prise en charge de certaines catégories de demandeurs d’asile, en particulier les familles, par les Cpas, des structures financées dans leur majeure partie par le ministère de l’intégration sociale et aujourd’hui gérées par Philippe Courard.

La fameuse réforme proposée en 2000, votée en 2006 n’a été mise en place que lors du deuxième semestre 2007 et depuis rien ne va plus…

Fedasil n’arrive plus à gérer les plus de 30 centres ouverts partout dans le pays et envoie régulièrement des familles entières à la rue. Il y a quelques mois la justice a condamné Fedasil à payer des astreintes très lourdes par personne non prise en charge. En très peu de temps des solutions ont été dégagées pour loger les réfugiés dans des chambres d’hôtels : près de 800 personnes ont reçu une chambre d’hôtel pour dormir mais rien de plus !

Livrés à eux-mêmes les réfugiés ont n’ont reçu de l’aide pour se soigner et manger que grâce à des associations et des particuliers et ceci encore aujourd’hui…Est-il trop de rappeler que le ministère reçoit des budgets pour faire ce travail et que ce n’est pas à la population à se substituer aux institutions de l’état… ?

Pendant les vacances d’été une patrouille de police s’est arrêtée devant le bâtiment occupé par les « sans toit » place Morichard à St Gilles. Ils ont demandé aux occupants s’ils pouvaient faire une place pour une famille avec enfants qui errait dans la ville. Les occupants sont, évidemment, venus en aide à cette famille, mais quelques semaines plus tard la société off-shore propriétaire de l’immeuble a mis tout le monde à la rue : des belges sans toit et des réfugiés sans droits…

Les réformistes ne sont décidément plus ce qu’ils étaient….

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